A partir de quand acheter beaucoup devient acheter trop ?


Se réjouir d’avoir trouvé une jolie chemise en popeline de coton – La Redoute Collections

J’ai déjà abordé ici le sujet des achats compulsifs. Mais après plusieurs semaines de confinement, il résonne autrement. J’entends deux voix opposées. D’un côté, les personnes qui ont réalisé le potentiel de leur garde-robe (ce que j’appelle le shopping dans sa penderie) ou qui ont choisi de s’orienter vers une déconsommation. De l’autre, celles qui avaient hâte de participer à la relance économique ou de trouver du réconfort dans un nouveau vêtement, un sac ou une paire de chaussures.

des sandales douillettes et enveloppantes Anonymous Copenhagen

Je ne parle pas des files devant les Zara & co (no comment) mais de ce besoin de se chouchouter, de s’offrir un peu de rêve au-delà des nouvelles anxiogènes et d’un avenir troublé.

Collier joyeux en perles multicolores Antoine & Lili

S’ajoute l’engouement pour les achats de seconde main entre particuliers : les petits prix décomplexent et poussent à consommer (Vinted vient de grimper au classement des e-shops les plus plébiscités).

L’habit
fait le moi

Quand on achète un vêtement, on n’achète pas qu’un vêtement.

Mais une dose de plaisir, une nouvelle peau, un moment entre soi et soi-même…

Après tout, pourquoi se refuser cette petite dose de
réjouissance ? Ce bonbon qui console et rassure. Cette main douce qui
caresse un cerveau qui s’agite.

Délicieux body Love Stories

À partir
de quand, on achète trop ?

N’attendez pas que je vous donne un nombre de colis ou de
nouvelles chaussures à ne pas dépasser.

Au fond de vous, vous percevez peut-être la différence entre désir et besoin. Le désir fait référence au plaisir = la joie de se plaire dans une nouvelle robe. Le besoin répond à l’obsession de la possession = la robe perd vite de son charme. Surtout si c’est un achat loupé. Surtout si elle rejoint des piles d’achats loupés.

C’est ce que Platon appelait le pharmakonen grec, le remède et le poison.

Remplir ses placards pour combler un vide, ça ne marche
pas longtemps.  On achète dans
l’ivresse jusqu’à la gueule de bois
vestimentaire
. Avec le dégoût et la culpabilité qui s’ensuivent.

La sobriété se trouve. Sans frustration.

C’est une demande qui revient régulièrement en séance avec une conscience qui a évolué depuis le confinement : arrêter d’acheter de manière compulsive, retrouver juste le plaisir de se faire plaisir.

Et vous, connaissez-vous des épisodes où vous vous lâchez ?



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